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Colloque 2 mai 2009

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HOMELIE DE MGR SCHERRER - COLLOQUE 2 mai 2009


Voici l'homélie prononcée par l'Evêque de Laval à l'occasion de la messe de clôture du colloque consacré à Mère Marie de la Croix


10° anniversaire de la mort de Mère Marie de la Croix

Saint-Aignan-sur-Roe – Samedi 2 mai 2009

Homélie de Mgr Thierry SCHERRER, Evêque de Laval

Il y a dix ans, au terme d’une existence toute abandonnée au bon vouloir de Dieu, Mère Marie de la Croix s’en est allé rejoindre Celui que, dès sa petite enfance, elle avait choisi de suivre et d’aimer quoi qu’il en coûte. C’était le vendredi de Pâques. Sa vie aura traversé en son entier le XX° siècle qui vient de s’écouler ; une vie de labeur intense et de grande souffrance qui, loin de l’avoir conduite au découragement voire même au désespoir ou à la révolte, n’aura fait au contraire qu’intensifier son amour pour le Seigneur et son désir de se donner à Lui tout entière. Au terme de cette journée de colloque qui lui a été consacrée, nous rendons grâce avec elle en célébrant l’Eucharistie, ce sacrement de l’Amour qui a été le coeur palpitant de sa vie.

La Providence a voulu que nous commémorions cet anniversaire en cette veille de la Journée Mondiale de Prière pour les Vocations. Les quelques versets du ch. 10 de saint Jean que nous venons d’entendre constituent la source principale de lumière à partir de laquelle s’éclaire toute vocation, celle de Mère Marie de la Croix et la nôtre après elle. « Je suis le bon Pasteur, le vrai berger, nous dit Jésus. Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis ». Ces mots traduisent et résument pour nous la quintessence du message chrétien. Ils nous entraînent dans la dynamique même de l’Amour qui a conduit le Fils de Dieu à s’abaisser jusque à se faire l’un de nous et mourir pour nos péchés dans le dénuement absolu de la Croix.

À l’origine de toute vocation, il y a ce désir ardent de donner sa vie pour les hommes et pour Dieu. « Ma vie, je la donne de moi-même… J’ai le pouvoir de la donner et le pouvoir de la reprendre », dit Jésus. « J’ai le pouvoir de la donner ». C’est le choix auquel notre liberté personnelle se trouve elle-même affrontée en permanence : face à tel service demandé, telle aide sollicitée, face aussi à telle contradiction vécue, telle souffrance ou telle humiliation subies, chacun de nous peut, sur le champ, consentir à entrer dans la dynamique de l’amour ou bien au contraire s’y refuser. Les choix que nous faisons, les actes que nous posons ont une incidence considérable ; ils nous engagent au-delà de nous-mêmes.

À l’instar de tous ceux qui ont pris l’évangile au sérieux, Mère Marie de la Croix était habitée, hantée même par cette conscience que la vie chrétienne assumée jusqu’au bout était une

participation à la rédemption universelle. Dieu se suffit à lui-même, bien évidemment. Mais dans son immense miséricorde, il veut en quelque sorte avoir besoin de nous ; il mendie notre pauvre amour pour nous associer gracieusement à son oeuvre de salut. Toutes les valeurs d’offrande, d’immolation, de réparation, chères à Mère Marie de la Croix, sont à comprendre à partir de là. Dans la première lecture, précisément, nous voyons l’apôtre Pierre sommé d’expliquer devant le Grand Conseil le geste de la guérison d’un impotent. Loin d’en revendiquer l’origine, l’apôtre renvoie ses interlocuteurs à l’unique source de grâce que Dieu

a fait jaillir pour le relèvement du genre humain, le Christ Jésus : « son nom donné aux hommes, dit-il, est le seul qui puisse nous sauver ». S’il est bien vrai que c’est le Seigneur seul qui sauve, notre baptême cependant, dans sa triple dimension prophétique, sacerdotale et royale, nous associe à la puissance du Nom de Jésus ; nous devenons par grâce coopérateurs du salut de l’homme par Dieu. Dieu compte en quelque sorte sur chacun de nous pour continuer de fonder son oeuvre, en prenant uniquement appui sur le Seigneur de Gloire, « pierre qu’avait rejetée les bâtisseurs », mais qui est « devenue la pierre d’angle ». À la suite de Pierre qui s’est fait serviteur du relèvement de l’infirme dans la puissance du Nom de Jésus, l’Esprit veut nous rendre sensibles à toutes les infirmités de l’homme contemporain pour nous donner de participer concrètement à la grâce de son relèvement. C’est la vie même du ressuscité qui s’épanche ainsi en notre humanité quand nous consentons à lui prêter nos mains, nos pieds, notre bouche et notre coeur afin que s’accomplisse aujourd’hui encore la merveille du salut de nos frères.

En contemplant ce chemin d’abaissement du Fils de Dieu qui s’est fait serviteur de l’homme jusqu’au don de sa propre vie, en acceptant plus encore de suivre Jésus sur ce même chemin, nous pouvons nous écrier avec le disciple bien-aimé : « Voyez comme il est grand l’amour dont le Père nous a comblés ! » Connaître l’amour « grand » que Dieu a pour nous ne pourra jamais, en ce sens, être quelque chose de purement théorique ; c’est une faveur et une grâce immédiatement attachées à notre capacité d’entrer à notre tour dans la logique du don gratuit et désintéressé de nous-mêmes. « La grandeur de la vie, c’est l’amour », disait Mère Marie de la Croix. Plus on se donne sans compter, plus on consent par toute sa vie à aimer et servir joyeusement son prochain, et plus on mesure alors, dans une jubilante action de grâce, à quel point est « grand l’amour dont le Père nous a comblés ».

Cette action de grâce est la nôtre, ce soir, tandis que nous mesurons le chemin parcouru. Depuis 8 décembre 1939, date d’érection de la Pieuse Union par Mgr Saliège, jusqu’au jour de la naissance au ciel de Mère Marie de la Croix, le 9 avril 1999, soixante années se sont écoulées. Soixante ans de lutte et de souffrance, mais aussi de joie et de confiance pour voir reconnaître une oeuvre qu’elle avait toujours tenue pour une oeuvre voulue par Dieu. Qui aurait pu penser qu’au milieu de tant de ronces et d’épines, une fleur allait enfin pousser et s’épanouir, la famille religieuse des Petites Soeurs et des petits Frères de Marie Mère du Rédempteur ? La fleur de la gloire a poussé dans les épines de la croix. Dix nouvelles années sont passées depuis son retour à Dieu. Les épreuves n’ont pas manqué à chacune et chacun comme elles n’avaient pas épargné votre « bonne mère ». Mais l’histoire de la Congrégation continue de s’écrire aujourd’hui encore avec la liberté offerte à l’amour de ses nombreux enfants, ce fiat au quotidien que Frères et Soeurs religieux et laïcs Messagers sont appelés à redire joyeusement dans le Oui de Jésus et de Marie.

Comme parole conclusive, je reprendrais volontiers quelques mots de l’homélie qu’avait prononcée Mgr Billé il y a vingt ans, lorsque la Pieuse Union fut érigée en congrégation de droit diocésain. Il vous invitait, mes soeurs, à ne pas « refermer vos mains sur le précieux trésor qui était le vôtre ». Il vous appelait « à l’aventure, au discernement, à la vie ». « Je vous appelle à vivre en Église, disait-il. Cela veut dire que c’est l’Église qui doit bénéficier de la grâce que vous avez reçue et qui a inspiré aussi la fondation des Petits Frères de Marie Mère du Rédempteur ».

Cet appel est plus actuel et plus impérieux que jamais. Vous êtes dépositaires d’un don de grâces qui doit aujourd’hui encore profiter à notre Église de Mayenne, celle de Toulouse et,plus largement, de notre Pays et du monde tout entier. Puisse l’Esprit de Dieu vous donner de témoigner inlassablement du message de votre fondatrice, en ayant le souci de l’actualiser et de l’adapter aux besoins nouveaux de notre temps. En communion avec elle, unis aux coeurs de Jésus et de Marie, que jaillissent de notre bouche et de notre coeur ce soir ces trois mots de l’amour toujours neuf : Ecce ! Fiat ! Magnificat !